Making-of

Enquêter sur les règlements de comptes à Marseille, c’est chercher à en savoir plus sur un réseau souterrain pour lequel la discrétion est une règle absolue. Mettre les pieds dans le plat amène donc parfois à des situations étranges. Morceaux choisis des difficultés que nous avons rencontrées.

Démêler le vrai du faux dans ce qui a été dit par les médias…

Parmi les articles épluchés au début de l’enquête, certains ont davantage été un handicap qu’une aide…

Dans ma dépêche AFP, le prénom et le nom de famille avaient malencontreusement été inversés, ce qui ne m’a pas facilité la tâche. (Lawrence)

Quasiment tout ce qui avait été écrit sur ce sujet s’est avéré truffé de contradictions. (Camille)


… mais aussi par les sources officielles

Pour les règlements de comptes, la police locale est dessaisie de l’affaire au profit de la police judiciaire. Cette dernière couvre un territoire plus étendu que celui d’une seule ville, ce qui provoque des désaccords sur les affaires entre les deux services, voire des rivalités :

Étiquetée ‘règlement de comptes’, l’affaire ne semble pourtant pas correspondre aux critères. Et effectivement, lorsque je l’appelle, la police locale s’étonne elle aussi de sa classification “règlement de comptes. (Astrid)

De manière anonyme, un lieutenant qui s’occupe des crimes a accepté de me confirmer les lacunes massives de l’enquête… en prenant un malin plaisir à souligner l’échec de ses confrères de la PJ ! (Boris)


Les réseaux sociaux : une source à prendre avec des pincettes

Les réseaux sociaux se sont parfois montrés très utiles, notamment pour contacter les proches des victimes. Mais sur Facebook, gare aux homonymes…

“Alors que je recherchais le profil de la victime, tuée en août 2014, je suis tombée sur un profil Facebook qui correspondait non seulement à son nom, prénom, mais aussi à son âge exact ! Mais à 17h, cette personne m’a accepté en amie sur Facebook. Visiblement, c’était une fausse piste.” (Marianne)


Parler aux proches : pas toujours facile

Certains d’entre nous ont eu l’occasion de parler avec les familles ou les amis des victimes. Que leur dire ? Comment les amener à se confier ? Mais surtout, comment appréhender leur témoignage ?

L’oncle de la victime, que j’avais contacté par téléphone, a affirmé que son neveu s’était trouvé ‘au mauvais endroit au mauvais moment’. Quelle crédibilité accorder à cette version ? (Justine)

Pour avoir des informations sur la victime, j’ai tenté d’appeler l’association de son quartier. Un homme a bien voulu me parler de leurs actions pour les jeunes, mais dès que j’ai évoqué les règlements de compte, il s’est complètement fermé. ‘Je veux bien vous parler de la jeunesse, mais pas de la violence. Il y a pas de violence ici’, a-t-il sèchement conclu. (Agathe)

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s