Le règlement de comptes : une notion aux frontières poreuses

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Le 2 mars dernier, Nordine B. est attablé à la terrasse du Fournil de la Barque, sur la route de Martigues, à Marignane, une commune située à une vingtaine de kilomètres au nord de Marseille. Il est à peine 8H00, lorsqu’un homme, armé d’une kalachnikov, ouvre le feu sur le trentenaire avant de prendre la fuite, avec ses trois complices, à bord d’une voiture noire. La victime décède dès l’arrivée des secours. Très vite, les médias évoquent un « règlement de comptes ». Tous les éléments du scénario habituel semblent en effet réunis. Pourtant, c’est l’enquête qui permettra ou non de confirmer cette appellation spécifique, aux frontières parfois poreuses.

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[INFOGRAPHIE] – Antécédents : des victimes « multi-cartes »

Les 22 victimes des règlements de compte (entre janvier 2014 et avril 2015) avaient plusieurs casquettes. Trafic de stupéfiants, meurtre, vol avec arme, violences, défaut de permis… Elles sont toutes connues par les forces de l’ordre pour un ou plusieurs motifs, sans que ces suspicions ne soient toujours à l’origine d’interpellation ou de condamnation (voir notre infographie Une judiciarisation difficile).

Nous avons rassemblé dans l’infographie ci-dessous les raisons pour lesquelles ces victimes étaient connues par les forces de l’ordre (dans la limite des informations que nous avons pu obtenir).

55 suspicions, 25 interpellations et seulement 15 condamnations.

Le tableau est classé par nombre de suspects pour chaque infraction. Les suspicions représentent ce dont la police judiciaire se doutait mais n’a pas pu prouver. On remarque que le trafic de stupéfiants est l’antécédent majeur avec 15 individus sur 22 suspectés d’y prendre part. Sur ces 15, 5 ont été interpellés, seulement 4 ont été condamnés.